Alexandre Astier

Comme l'a dit la mère de Sire Arthur "Vulgaire ? Oui... Mais pas seulement." Vous en pensez quoi ? Allez, débattez !
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LaTruiteDeKadoc
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27 sept. 2017, 14:16

Les posts débats pullulent sur le groupe Kaamelott au Cinéma (https://www.facebook.com/groups/kaamelo ... a/?fref=ts) depuis quelques temps, alors je me permets de faire ma nouvelle étude sur Alexandre Astier. Outre les biographies que l’on peut trouver soi-même sur Internet (des choses relativement complètes), on va s’intéresser cette fois à la manière d’aborder l’art de notre bon acteur/réalisateur. Théâtre, musique, cinéma, on va s’intéresser à tout ça. Je vais d’abord faire mon p’tit topo avec des citations d’interviews surtout. Je vous mettrais les liens des dîtes interviews tout à la fin.

Voilà, les opinions tranchées ça relance le débat comme qui dirait. On ne peut pas arriver à une vérité objective et absolue sur quelqu'un. Mais la quantité d'arguments d'un bord ou de l'autre fait pas mal pencher la balance. En revanche ce que je reproche aux fans/détracteurs extrémistes c'est qu'ils aiment/détestent par principe, parce que c'est le papa de Kaamelott et qu’on aime trop sa série pour le contredire, c’est un tort. Alors essayez d’être objectif, aussi bien si vous aimez la façon de faire de Mr Astier que si vous ne l’aimez pas.

Ces dernières semaines, j’ai arpenté Internet à la recherche d’interviews d’A.Astier. Depuis tout petit, grosso modo mes 5 ans, je regardais Kaamelott d’un œil quasi vide. C’était un truc drôle, ils disaient « merde », ça gueulait un peu. C’est ce qui attire d’abord un gosse qui apprends à compter jusqu’à 40. Une petite dizaine d’années plus tard, sans surprise je continuais à regarder Kaamelott. A 16 ans si tout va bien, on est au-delà du stade du hurlement qui fait rire et « Oh il a dit merde ! » Là j’ai déjà un peu commencé à m’intéresser à la légende, la vraie. Et puis plus on s’intéresse à la légende, en regardant Kaamelott en parallèle, plus on compare. Deux ou trois ans plus tard, comme vous le savez, j’ai sauté le pas, je suis arrivé ici et par la suite, j’ai enchaîné avec les études.

Mais le mec dans tout ça ? Qu’est-ce qu’on en fait de la personne grâce à qui tout est parti ? C’est donc depuis quelques semaines que je m’intéresse au cerveau qui a bricolé cette petite série qui n’a pas marché : Alexandre Astier. J'ai mangé une bonne dizaine d'interview du bonhomme. Des soirées entières ou je regardais trois ou quatre vidéos, à noter des petites phrases qui m’ont marqué, qui m’ont plu, du moins qui m’ont intéressé. Et aujourd’hui, on va pas mal se baser sur ça.
Alors évidemment c’est très subjectif, mais personnellement je suis assez d'accord avec la plupart de ce qu'il dit. Surtout sur le rapport à la création.

« J'ai besoin d'aborder des sujets sur lesquels j'ai une conviction [...] Je suis nul à la commande. » « Tout ce qui compte c'est que je puisse raconter ce que j'ai à raconter au moment où je veux le faire » « Vous devez croire, avoir la foi dans un sujet […] Le fait d’avoir envie d’en parler c’est que c’est justifié d’en parler »

Déjà, on a affaire à ce que je considère un « bon » artiste. Quelqu'un qui fait des trucs qui lui plaisent et non des trucs qui vont lui rapporter. « Contrairement à votre magnifique reportage qui explique que je m’en met plein les fouilles […] si je voulais me faire plus d’argent que ça je pourrais. Le problème c’est que l’histoire à une fin, que je développe et une fois qu’elle sera finie c’est terminé je fais autre chose » Beaucoup d’artistes font de l’art qui se vend, d’autres font quelque chose dont ils sont fiers. Les projets semblent mûris et rien n’est laissé au hasard (11 ans pour un film, si c’est pas de la réflexion ça), pour Kaamelott, les acteurs ont étés minutieusement choisis (40 % du casting vient de sa famille ou de têtes connues du théâtre lyonnais) Il le dit lui-même tlors d’une interview M6 « Je m’entoure de gens que j’ai déjà vu quelque part. Il y a des tas d’acteurs pas de ma famille, mais ils ne sont pas venus par casting, ils sont venus parce que je les ai déjà vus jouer. »
Avec un tel niveau d’exigence, le sujet est par conséquent très bien bossé.

« L'inspiration, c'est les choses qui vous parlent, c’est à dire qu’il faut savoir reconnaître dans les choses que vous entendez et qui vous entourent, les choses qui vous émeuvent parce que probablement, que sous le fait qu'elles vous émeuvent, il y a la potentialité qu'elles émeuvent les autres » « Il y a une période de sa vie où on ingère ce qui a déjà été fait : technique d'écriture, langue étrangère, compositeurs. Mais être compositeur ou créateur c'est d'un coup être ultra-personnel. »

Kaamelott fait de nombreuses références. Dans un épisode, les héros découvrent un sabre laser de Star Wars, dans un autre, la porte des étoiles de Stargate devient un portail démonique qui mène au poulailler. De nombreux titres d’épisodes sont des clins d’œil à des titres de films qu’il adore comme Heat, Always, Mission, Poltergeist, La Menace Fantôme, Le Professionnel ou encore Le Solitaire. La série rend aussi hommage aux jeux de rôle. Le plus flagrant est sans doute l'allusion à Warhammer, avec le personnage du Répurgateur et une référence aux Skavens.
Malgré ça, la plus grosse référence (allant jusqu’à l’hommage), c’est celle de De Funès.

En revanche, ce serait ridicule de citer deux vidéos en intégralité, alors je vous les laisse ici, et vous invite à les regarder pour bien comprendre ce qu’il veut dire (et ce à quoi je suis très subjectivement plus que d’accord)
https://www.youtube.com/watch?v=_LpPqT ... 26&list=WL

https://www.youtube.com/watch?v=kl0ANSz ... 27&list=WL

Comme je disais donc, Alexandre Astier, quand il prépare ses projets (aussi bien Kaamelott que ses spectacles ou films qu’il réalise), essaie de transmettre l’émotion que le sujet lui donne. Il souhaite avant tout partager ce qu’il ressent face à un sujet, ou bien à travers ces références, transmettre une sorte de patrimoine. Cette certaine excitation qu’il y a à ouvrir un livre sur un sujet précis ou bien à voir les films d’un certain acteur, qui fait, qu’à chaque page ou chaque nouveau plan on se sent de plus en plus passionné et concerné.

« Si j'avais un conseil à donner aux gens qui s'y mettent, c'est de bouffer ce qu'on leur propose, d'une part, mais quand c'est à eux de s'exprimer il ne faut plus jamais copier. » « Dans toutes les pièces de théâtre, dans tous les films il y a une morale, et qu’est ce que la morale sinon une leçon ? [...] Alors effectivement on passe plus de temps sur le divertissant que sur la science. Mais toutes les œuvres, c'est éveiller un truc. »

Toutes les œuvres, c’est éveiller un truc. L’art, dans toutes ses formes et toutes ses époques, c’est avant tout de la transmission. L'art engagé transmet un message caché à interpréter, reflet de l'engagement de l'artiste (Cf. Hugo, Les Misérables).

Beaucoup de fans semblent trouver Astier très engagé et convaincu. Mais l’art est comme ça par définition. Sans cet engagement Kaamelott ne serait pas Kaamelott. L'art est toujours engagé. Il n'est jamais innocent, ni dénué de sens mais il enseigne toujours quelque chose. L'art sous toutes ses formes a appris la vie d'une certaine manière, à travers des sujets récurrents, des techniques d'écriture, des courants littéraires. Alexandre Astier produit un art, non pas engagé politiquement, mais engagé culturellement, il s'efforce de piquer la curiosité du lecteur/spectateur pour l'entraîner à gratter la couche d'humour afin d'entrer dans la strate culturelle.

Et c'est là que la division peut apparaître. Comme le dit mon collègue Grégory Robert, adminisdtrateur du groupe Kaamelott au Cinéma, sur le sujet :

"Si je dois dire ce qui me déplaît, c'est que lorsqu'on a un potentiel comme le sien, qu'on se pose en figure de proue de ce qui se fait de mieux, on a le devoir de véhiculer une image positive pour tous et pas seulement regarder les choses d'en haut. Vulgariser c'est mettre à la portée et accompagner le processus cognitif de l'autre pour le tirer vers le haut. Ce n'est pas lancer l'info en regardant les mecs sauter pour grimper"

D'un sens oui, il nous laisse sauter pour grimper. Il connaît parfaitement bien son sujet. C'est pour ça qu'en quelque sorte, ce que produit A.Astier, paraît assez élitiste. Il ne touche pas tout son public, seulement celui qui est un peu curieux et à même d’aller chercher. Ça se sent dans Kaamelott. Il y a l’épaisse couche d'humour en surface, et puis pour ceux qui aiment un peu chercher l'information, il y a le côté légende en sous-marin qui regorge de sujets historiques et presque philosophiques. C’est un gros parti pris d'auteur ensuite. Tolkien lui préfère expliquer son point de vue à tout le monde et faire comprendre le sujet le plus complexe à la masse qui n’oserait pas spécialement s’y engouffrer tout seul. Alexandre Astier lui aime plutôt déclencher des « Ah ouais putain je l'avais pas vu ça ». Mais c’est à l’intention de ceux qui aiment creuser tout ce qu’on leur montre.

En contradiction, il dit à celui qui écoute « Il n’y a rien d’interdit à personne et on peut mettre un pied dans n’importe quoi aussi complexe que ce soit n’importe quand et en plus de ça on peut y découvrir des choses dingues »

Pour en revenir à la métaphore du saut, d'un sens, il conseille à son public d'utiliser une échelle que l’on n’ose pas forcement utilisé de sa propre initiative. Il nous cache l'information bien haut, et nous dit que si ça nous plaît, et bien il faut venir soi-même la chercher et à mon humble avis, c'est cette manière qui permet de relever le niveau général.
Si l’on met l'information complète au niveau général, personne n’essaiera d'aller la chercher. Elle arrivera toute seule, sans que l’on ait à chercher par soi-même. L’autonomie dans la recherche culturelle disparaîtrait complètement.
Évidemment, ce discours qui encourage la recherche pointue, ne va concerner que ceux qui aiment ça. Ça touche directement des choses qui parlent aux curieux. Mais les spectateurs qui regardent Kaamelott ou bien l’Exoconférence uniquement pour le côté comique vont complètement passer à côté de l’aspect historique/scientifique. Il ne verra pas l'échelle et malheureusement, monsieur Astier ne viendra pas le guider. Tout le côté élitiste de son art réside dans cette nuance.

François Rollin disait (dans une vidéo que j’ajouterai aux références): « La masse est médiocre, on vit dans un monde médiocre. Les tendances à tirer un peu vers le haut sont rarement couronnées de succès et souvent battues en brèche »

Ce que disent Alexandre Astier et François Rollin n’est pas preuve de suffisance ou de condescendance. Le message qui essaie d’être passé tente d’éveiller les consciences. Ils pointent du doigt la dégringolade culturelle des dernières générations ; la population récente est beaucoup moins cultivée que les générations précédentes. Ce constat est vérifiable facilement, une personne de 30 ans en 2017 en sait beaucoup moins dans tous les domaines qu’une personne de 30 ans en 1980. Le bagage de culture générale est de moins en moins important. Peut-être de par l’accès à l’information beaucoup plus facile (Internet) qui permet de stocker celles-ci hors du cerveau. Il y a 70 ans, l’information était beaucoup plus précieuse, et il fallait la retenir pour ne pas qu’elle soit oubliée à tout jamais.
Les générations récentes pensent à tort que la culture passe par des piles de livres chiants et interminables, et cette idée reçue rebute les adolescents et jeunes adultes. Il veut nous faire rire, mais surtout nous apprendre quelque chose. Le rire est un moyen de le faire simplement, sans « se prendre la tête » comme bon nombre le pense.

« Ne pas simplement ranger les gens qui réfléchissent dans le clan des gens qui se prennent la tête. C’est un amalgame trop rependu. »

Mr Astier a évidemment traité des sujets qui l'ont toujours intéressé, ce qui l’a bien entendu aidé. L’intérêt et le meilleur allié de la connaissance. La musique avec Que ma joie demeure, l’astronomie avec l'Exo. Il aime avant tout partager ce qu'il aime, avec de l'humour pour que ça soit abordable et que ces deux types de public apprécient. Une mère au foyer avec trois enfants sera plus encline à aller voir le spectacle d'un comique qui parle des coupes de cheveux de scientifiques et du cloaque du coq plutôt qu'une conférence façon TED (scène de conférenciers anglophones) sur la physique quantique. Et ceci est en partie un début de vulgarisation. Il y aura toujours deux types distincts de public. Celui qui viendra pour rire et celui (comme moi) qui se demande tout au long du spectacle ou de la série "Qu'est-ce qu'il est en train d'essayer de m'apprendre ?"

"Quand vous écrivez du texte, tout le monde se permet de vous dire son avis […] Parce que soi-disant c’est le même langage qu’on utilise tous les jours. C’est pas vrai. Quand vous écrivez de la musique vous avez la paix. Personne ne va vous dire -tiens 12 ème mesure là j’entends rien- parce qu’ils savent pas faire"

Cet aspect « bon professeur sûr de lui » peut agacer voire lui donner un air assez hautain. Cette phrase-ci ne signifie pas -à mes yeux- qu’il est au-dessus des autres et donc inattaquable, mais il explique plutôt que le jugement hâtif est plus courant sur l’écriture que sur la musique car le critique semble connaître et pouvoir juger l’emploi de mots, alors que la musique, elle, s’apprend. L’oreille musicale est moins innée que la parole. Une fausse note est donc moins perceptible qu’une faute d’accord sur un verbe. Il possède une confiance et une assurance quasi insolente dans ce qu’il fait qui peut dérouter. Ce qui est tout à fait légitime. Il semble au-dessus des autres sur des sujets qui le méritent un peu. (L’astronomie n’est pas un sujet qui s’aborde aussi facilement que la cuisine ou le bricolage). Mais malgré tout, il conseille à ceux qui veulent bien l’écouter, de se lancer dans ce qui les intéresse, car tout peut être abordé par tout le monde, il n’y a pas d’élus dans certains domaines.
Il est mis sur un piédestal par ceux qui l’interrogent, ou bien même par des fans absolus. Par conséquent, ce n’est pas nécessairement la personne qui peut sembler arrogante mais c’est l’impression que donne la bulle de protection qu'on lui assigne. Il nous dirait que 1+1 fait huit qu'une majorité scanderait que les mathématiciens se sont toujours trompés et qu'il apporte la bonne parole, ce qui fait qu’on lui définit une assurance certaine malgré lui. Les médias et ses fans trop fidèles lui renvoient une image d’homme parfait. Je ne dis pas qu'il est tout blanc face à ça, mais le fait d’acquiescer à tout ce qu’il peut dire affecte beaucoup la façon de se comporter. Si une personne à l’apparence passable peut devenir Apollon grâce à la notoriété, on peut lors supposer qu'une opinion biaisée peut devenir parole divine grâce à cette même notoriété. Un orateur vit au dépend de celui qui l’écoute.

« Le public est incapable de dire ce qu'il veut. Il demande un truc qu'il a déjà vu, un truc qu'il croit aimer. Je ne ferais jamais jamais jamais ce qu'on attend de moi. Rollin fait partie de mon école, il ne faut surtout pas faire ce que les gens attendent. Il est pas impossible qu'un jour je dise merde à tout ça, parce que c'est plus rigolo d'inventer dans ce merdier là. »

Hormis la potentialité qu’Alexandre Astier « dise merde à tout ça » du jour au lendemain, cette série de phrase demeure intéressante. On peut la lire de deux façons.

La première façon rejoint l’esprit de supériorité. Un petit côté « moi je sais ce que vous voulez, je vous connais mieux que vous-même ». Cet axe de lecture est tout à fait possible, mais aux vues de ce que j’ai relevé plus haut, cette vision ne me paraît pas la plus probable.

Alexandre Astier aime susciter la surprise. Être là où on ne l’attend pas. Il faut se souvenir (c’est une chose que l’on oublie trop souvent) qu’un artiste crée ses œuvres, mais consomme également celles des autres. Johnny Hallyday n’écoute pas que sa musique. Stephen King ne lit pas que ses romans. Un artiste a également ses exigences vis à vis des autres collègues artistes. « Moi ce que j’aime c’est le précis et le détail » Par conséquent, A.Astier doit aimer les histoires qui vous mènent là où l’auteur veut que vous alliez. Comme il le dit lui-même « […] dans le fait qu'elles vous émeuve, il y a la potentialité qu'elles émeuvent les autres »
Alexandre Astier ne veut pas vous donner ce que vous voulez. Il veut vous faire découvrir quelque chose. Faire passer un message, ou transmettre quelque chose qui lui plaît. Et ceci se fait en contournant les envies du spectateur. Un public qui vient pour une œuvre qu’il pense ne pas aimer, et qui repart avec des étoiles dans les yeux, rend l’artiste fier de lui-même.

En définitive, on sent un petit côté "Il y a les élus, et il y a les autres" dans ce qu’il produit. Cette impression, selon mon point de vue, rend plus compte du talent de l’auteur que de sa condescendance. Le fait qu’il y ait deux publics, dont l’un plus « érudit » que l’autre, montre malgré tout que ces deux publics peuvent être réunis pour apprécier ce qu’il produit, donnant un aspect rassembleur à ses spectacles ou même à Kaamelott. Le premier public apprécie l’humour, l’autre le message scientifique ou historique, chacun peut y trouver ce qu’il désire.
Il dit lui-même "Faut pas avoir peur de faire des trucs même si on vous a déjà dit que c'est pas comme ça que ça se faisait." Cette phrase montre quand même qu'il considère que l'art n’a pas de règles et que tout le monde peut produire quelque chose de qualité sans se soucier de l’apparence de ce que l’on écrit. Il privilégie le fond à la forme, comme le prouve la citation de Michel Audiard qu’il mentionne dans l’interview pour Polonium « C’est plus important que ça sonne que ça veuille dire quelque chose. […] Mallarmé, vous sentez bien qu’il n’essaye pas de vous expliquer quoi que ce soit […] tout ça essaie de sauter l’étape cerveau pour aller au cœur.» Cette phrase montre qu’il considère l’invention comme une pratique abordable et non pas élitiste comme on pourrait le penser, pas besoin d’y mettre les formes.
Du point de vue de la création, il dit des choses absolument vraies, notamment sur le fait d’ingérer ce qui est déjà fait, avant de se lancer en s'en inspirant sans copier, ou bien encore dans le fait qu'on en a rien à taper des conventions, et qu'il faut faire comme on l'entend.
Si l’on sort du cadre du sujet initial, on peut dire que son "discours" est celui qui a pu faire changer les choses dans l’art contemporain, et même plus ancien. Ce message prône le « Faîtes comme vous voulez ». C’est cette idée qui a permit d’oser rompre le 4ème mur au théâtre, qui a permis d’opposer le classique au baroque et qui à permit d’oser la représentation de Dieu dans la peinture, acte jugé blasphématoire . Il a un message qui nous invite à casser les codes, car la convention c’est chiant (comme il le dit dans la musique, le solfège l’a saoulé). C’est un discours qui d’un sens a été porté depuis plus de 800 ans dans toutes les formes d’art « faîtes comme vous le sentez, si ça vient du cœur, c‘est de l’art » et c’est sûrement ce genre de philosophie qui a permis de changer les choses.

Je lui trouve un côté rassurant dans ce qu'il conseille aux apprentis auteurs quand il dit « Ne t’emmerde pas avec les bonnes ou mauvaises façons de faire, ça va aller » ce qui peut vraiment soulager un futur dramaturge qui a la trouille de se faire engueuler par les artistes conventionnels parce que cela ne respecte pas la règle des trois temps par exemple. Pour le citer «J’essaye de vivre sans codes »

"En ce qui me concerne j'ai développé un rapport solitaire avec l'invention. [...] Mon seul plaisir c'était de rentrer chez moi après l'école - je me foutais de plus en plus de l'école évidemment - et de composer. Même très très gamin j'ai toujours joué au Lego seul. Quand y avait un pote qui venait jouer avec moi je trouvais qu'il faisait des conneries ça m'énervait et ça m'amusait plus. "Je ne crois pas à l'œuvre collective du tout. La petite flamme très particulière qui réside dans une œuvre, elle est dans le cœur d'un mec. Cette petite flamme elle est indéfendable et inexplicable. Je crois qu'il faut faire confiance à ce que quelqu'un a dans le bide à partir du moment où il a l'air de savoir où il va quoi."
Quelqu'un qui invente, il est puissant à partir du moment où il fait ses propres erreurs. À mon avis tout réside dans le fait de signer ses erreurs"

Cette grosse citation ne parlera sûrement qu’à ceux qui aiment écrire ou inventer en général. Mais l’idée générale qu’il faut en tirer c’est qu’un auteur est le seul à avoir parfaitement en tête ce qu’il imagine. Il aura beau expliquer, avec le plus de détails possible, ce qu’il a dans le cerveau à quelqu’un d’autre, le ressenti et l’image que le concepteur à de son idée ne sera jamais transmise à l’exactitude à l’autre. Cette « petite flamme » comme il l’appelle est indéfendable. Elle ne peut vivre que dans le cœur et le cerveau de son concepteur.
Comme vous pouvez le lire ici, Alexandre Astier ne se prétend pas parfait. Il sait qu’il fait des erreurs, et il en est même fier. Tant que ce sont les siennes.

« J'vois pas l'intérêt de faire ce métier pour péter au niveau de son cul [...] c'est générique le niveau de son cul. C'est-à-dire rester où on est. Rester chez soi. Rester dans sa nature. Surtout pas ambitionner quoi que ce soit. Non ça me fait chier, ça. Je suis fier d'être prétentieux. J'veux faire des grands trucs. Les p'tits m'intéressent moins que les grands. »

Alexandre Astier, dans le domaine de l’invention, a comme on dit « les yeux plus gros que le ventre ». Il veut épater, étonner. Il fait son métier par passion pour intéresser son public, et non pour flatter son ego en étalant ses capacités. Alexandre Astier fait aussi l’apologie de la curiosité. La simple curiosité peut nous faire découvrir quelque chose. Un nouveau centre d’intérêt, une passion voire une vocation. La curiosité est un principe fondamental.

« Je suis fier que les gens apprécient ce que je fais. […] Finalement, au bout du compte la chose dont je suis le plus fier c’est […] d’avoir fait comprendre quelque chose à quelqu’un.

« Je m’intéresse à tout, vivement, j’ai une curiosité naturelle pour les choses et je sais que j’ai appris du fait d’avoir mis le pied dans plusieurs endroits. […] Ça se voit tout le temps, je sais parler à un chef op’ même si je ne le suis pas moi-même, je sais parler à un mec du son, pas simplement parce que j’ai appris un jargon, parce que j’aime ce qu’ils font. Et j’aime ce métier parce que je suis curieux de leur technique »


Pour conclure, ce très long texte n’est pas là pour prêcher le convaincu ou au contraire tenter de persuader quelqu’un de dubitatif. Ce texte est là pour exprimer mon opinion et peut-être mettre à plat et regrouper certaines choses et informations. Le débat est bien entendu ouvert, et cette longue étude sur le sujet n’est même là que pour ça.

Alors dîtes-moi votre vision de la chose et bon mal de tête !


Table des références :


https://www.youtube.com/watch?v=gyPQijw ... 14&list=WL

https://www.youtube.com/watch?v=SQZMbMI ... L&index=19

https://www.youtube.com/watch?v=p5iBQpd ... 23&list=WL

https://www.youtube.com/watch?v=mh2Dq1C ... L&index=15
https://www.youtube.com/watch?v=G5R6XY ... 28&list=WL

https://www.youtube.com/watch?v=pdREfg7 ... L&index=21

https://www.youtube.com/watch?v=PX9TIxl ... 2&list=WL (Une petite affiche de l’incompétence médiatique)
https://www.youtube.com/watch?v=RJDRiT ... L&index=17

Référence bonus :

https://www.youtube.com/watch?v=XHgJmLR ... 6&list=WL (Magnifique hommage à Pierre Mondy)
https://www.youtube.com/watch?v=4zQasm ... 24&list=WL (Et une rumeur en cadeau : Alexandre Astier aimerait un jeu Kaamelott façon Mortal Kombat)
On peut pas ranger tous ceux qui réfléchissent dans le clan de ceux qui se prennent la tête - Photo de profil par Coralie Larget
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