Relation Heat/Kaamelott

Qu'est ce qui est vrai ? Qu'est ce qui est faux ? Qu'est ce qui est alternatif sur 360° ? C'est hyper chaud !
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LaTruiteDeKadoc
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07 nov. 2017, 23:54

Aujourd’hui -une fois n’est pas coutume- délaissons la légende arthurienne pour mettre l’accent sur les références. Il y en a une à ne pas négliger, nous avons un film policier/d’action de milieu 90 : Heat. Alexandre Astier est absolument fan de ce film et nous le savons, il aime glisser des références de ce qu’il aime dans Kaamelott. Je ne suis pas super familier de ce genre de film et pour tout avouer, je ne l’avais jamais vu. C’est l’occasion qui fait le lardon, j’ai décidé de me le mettre car de réputation il me semblait immanquable. Je l’ai vu (et d’ailleurs il est très bon) alors voici mon petit bilan.
Mais avant toute chose, je vais résumer l’histoire du film pour ceux qui ne l’ont jamais vu histoire de partir avec des bases. (Par conséquent ceux qui connaissent bien le film, vous pouvez passer le paragraphe suivant.)

Heat est un film policier sorti en 1996. C’est l’histoire de Neil McCauley (joué par Robert de Niro) qui planifie l’attaque d’un fourgon blindé avec une équipe de braqueurs. Avant de mettre leur plan a exécution, ils doivent engager un dernier braqueur. Ils engagent un certain Waingro et braquent le fourgon. Celui-ci tourne mal, Waingro joue les gangsters et abat un des convoyeurs alors que l’équipe ne voulait pas faire de blessés. Après coup, ils se rendent compte que Waingro est très peu fiable et ils décident de l’éliminer en vain car il finit par fuir. Les braqueurs ont réussi à voler des bons au porteur qu’ils vont tenter de vendre à leur propre propriétaire, Van Zant.
En parallèle, un lieutenant de police est chargé de l’affaire ; un certain Vincent Hanna (joué par Al Pacino). Une lutte entre McCauley et Hanna s’engage. On découvre peu à peu que leurs vies sont relativement similaires. Le lieutenant est impressionné par le professionnalisme de McCauley et une rencontre amicale se fait dans un bar. Ils discutent et tissent une relation ambiguë entre ennemis et amis.

Alors je vous avertis maintenant, ce que je vais citer peut être aussi bien de vraies références voulues comme des coïncidences. Certaines sont également beaucoup plus subtiles que d’autres.

Avant de parler d’histoire, parlons du rythme du film. Comme le dit Alexandre Astier « Le réalisateur s’autorise un rythme lent ». Cette constatation est presque un euphémisme. Le rythme est en effet très lent. Le film fait environ 2h50, ce qui est beaucoup ; mais il fait cette durée car il détaille beaucoup la situation des deux personnages. L’histoire alterne entre le braqueur et le policier, ce qui permet de détailler énormément l’état d’esprit et les événements de la vie des personnages, en dehors de leur travail. Lorsque Neil rencontre sa copine par exemple, ils discutent dans un bar de leurs vies respectives. Elle lui demande où il travaille, ce qu’il fait dans la vie. Plus tard dans leur soirée ils regardent Los Angeles ; Neil lui explique alors que les lumières des bâtiments lui rappellent les algues fluorescentes aux plages des îles Fidji. On découvre les problèmes de couple du lieutenant. Encore une fois comme le dit mr Astier, il n’aime pas quand tous les dialogues font avancer l’histoire, il apprécie des scènes qui n’apportent rien à l’intrigue et qui parlent juste du personnage, c’est ici le cas.
Si on supprime les passages externes à l’intrigue braqueurs contre policier pour en faire un film d’action façon Die Hard, le film ferait sans doute 1h30. Ce constat est assez comparable avec Kaamelott. Dans la série, l’histoire ne compose que le livre IV, V et VI. Les trois premiers livres ne sont là que pour présenter les personnages, la situation et les lieux. Au final, Kaamelott s’offre aussi un rythme lent.

En deuxième relation entre Kaamelott et Heat, nous avons aussi le premier épisode de la série. Celui-ci s’appelle simplement Heat. Mais pourquoi ? Et bien l’épisode crée également une alternance entre les chevaliers Perceval, Arthur, Léodagan qui sont sur le terrain et Bohort, Karadoc qui sont au camp. Arthur, Perceval et Léodagan doivent se cacher des ennemis en forêt alors que Bohort et Karadoc tentent d’imiter les animaux de la forêt. Bon ça c’est admis, les chevaliers sur le terrain représentent les braqueurs qui ont foiré leur plan et qui échappent à la police. Mais pour tout bien comprendre, on va s’intéresser à la VO.

Dans le film, Neil explique par deux fois que pour faire ce métier, il faut être prêt à tout lâcher en 30 secondes montre en main si on sent les flics arriver. En VO, ça donne "When you feel the heat around the corner" donc littéralement "quand tu sens que ça chauffe au coin de la rue". Il le dit une fois à son complice interprété par Jon Voight, et une fois à Vincent dans le dîner. Dans l'épisode, Perceval propose de mettre le feu à la forêt pour que les ennemis se suicident "comme les scorpions quand ils sont entourés par le feu". De plus, lui, Arthur et Leodagan de retrouvent en mauvaise posture en plein territoire ennemi, encerclé par des ennemis dans une situation "chaude", comme la bande de Neil lors de cette séquence hallucinante du braquage.
Donc on peut voir dans cet épisode de Kaamelott un hommage à la situation décrite par Neil dans le film, avec la pointe d'humour de Mr Alexandre Astier.

Pour la prochaine référence, elle est longue et assez fastidieuse à expliquer et il se trouve que j’ai trouvé une vidéo parfaite qui l’expliquera bien mieux que moi, regardez-là. Non mais j’vous demande pas votre avis !

https://www.youtube.com/watch?v=SGuyonwzJK0

Lors de ce face à face, Niel MacCauley et Vincent Hanna parlent de leur vie Le policier fait un rêve où il est attablé avec les victimes qu’il a découvert, Niel fait un rêve ou il se noie. Tous les deux ne se sentent pas totalement bien dans ce qu’ils font et ceci commence à les lier.
De plus, justement après cette rencontre, une relation d’admiration et surtout d’empathie se crée entre eux. Ils sont un peu plus amicaux et Vincent Hanna avoue que ça lui fera pas vraiment plaisir de l’abatre, pourtant c’est ce qu’il devra faire. On retrouve cette réticence entre Arthur et Lancelot qui s’apprécient trop pour être capable de s’entre tuer froidement.

Voici maintenant des relations Kaamelott/Heat un peu plus subtiles et pas forcement volontaires.
Le lieutenant Hanna dans la première moitié du film va voir son indic’ dans une casse clandestine, où il y a des combats de chiens. Combats qui peuvent faire référence à ceux organisés par Venec. La relation entre Venec et cet indicateur véreux (prénommé Albert) se vérifie un tout petit peu plus tard. Il fait perdre son temps à Vincent Hanna en organisant une rencontre qui fait en partie perdre son temps au policier. Au final une petite information parmi le futile l’aidera. Cet Albert est un très bon indicateur qui « balance tout » sans qu’on aie vraiment à le cuisiner. Il pourrait ressembler à Verinus.
Mais un indicateur peu fiable et un peu véreux qui organise des combats de chiens, ça ressemblerait pas à Venec ?
Le chef des braqueurs, Niel, est plusieurs fois désigné comme une cavalier seul (une première fois par lui-même au début du film lorsqu’un indicateur lui propose de travailler pour lui, mais aussi par Vincent lorsqu’il est espionné par la police) Cavalier seul, chevalier solitaire…
Jusque là, on comprend donc qu’Arthur est le lieutenant et Lancelot est Niel. Mais une petite citation sort des sentiers battus. Waingro s’offre une prostituée qu’il tue par la suite. Avant de l’assassiner il dit « T’as pris ton pied avec La Faucheuse » On retrouve une allégorie similaire dans le livre V lorsque Lancelot est sur le point d’assassiner Lionel de Gaunes. Il lui dit qu’il est « Le Mal et son cortège d'absurdités. Vous allez mourir pour rien. Vous m'entendez ? Pour rien. Ça tombe sur vous, aujourd'hui. Alors, vous pouvez hurler.
En effet dans Heat, Waingro tue la prostituée pour aucune raison, comme Lancelot annonce tuer Lionel pour aucune raison.

Revenons-en à Neil. Il rencontre une femme dans un bar dont il tombe amoureux et il propose à la femme de l’arracher de sa vie actuelle (bien que célibataire) pour déménager avec lui en Nouvelle Zélande après avoir pris sa retraite du banditisme (malgré qu’elle ne sait rien de sa carrière de bandit, il dit juste qu’il compte changer de vie) Lancelot demande également à Guenièvre qu’il peut l’arracher à sa vie pour vivre avec lui en forêt, après avoir pris congé d’Arthur et de la Table Ronde. A la fin du film, la copine de Neil se rend compte qu’il est un braqueur et se trahie. Comme Guenièvre elle déchante et essaie de partir.
Vincent Hanna à une fille qui tente de se suicider en s’ouvrant les veines dans son bain. Son père la sauve in extremis et l’emmène à l’hôpital. Arthur tente de se suicider de la même manière et il est lui aussi sauvé par Lancelot. C’est pauvre comme référence mais ça mérite d’être souligné.

Enfin, à la toute fin du film, la cavale de Neil coupe court. Le lieutenant Hanna abat de trois balles dans le torse Neil qui comptait fuir. Avant qu’il succombe, le lieutenant lui tient la main, comme pour accompagner en douceur un ami vers la mort. C’est ce que j’attends de la suite de Kaamelott. Arthur devra tuer Lancelot parce qu’il faut, c’est son devoir (comme c’est le devoir du policier) mais il aura une certaine tristesse de tuer son « meilleur ennemi ».

Pour conclure, Heat est un film qui a beaucoup touché Alexandre Astier, il avoue l’avoir vu une dizaine de fois et qu’il l’aime de plus en plus. Un de ses fils s’appelle d’ailleurs Neil, je pense que c’est inspiré du personnage du film.


On peut pas ranger tous ceux qui réfléchissent dans le clan de ceux qui se prennent la tête - Photo de profil par Coralie Larget
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