Onde 1 (de Mélanie Yazbaltrine ou Nezlanie)

Toutes les anciennes missions qui ont été publiées sur le groupe Facebook Kaamelott : Missions Semi-Impossibles, le Père Blaise les a rangées ici.

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Alice de Logres
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23 mars 2017, 18:32

(23 octobre 2016) 23:11 ·

Ondes. 1

Il était là. Assis dans l'herbe encore humide. Il s'était éloigné de la ferme de ses parents pour trouver un endroit calme loin du tumulte familiale. Un endroit qu'il espérait inconnu et pur. Voilà, c'était ça. Inconnu et pur.

Il avait trouvé une clairière traversée par une lumière dorée qu'il trouvait aussi agréable qu'inattendue. D'habitude, les forêts de la région ne jouissaient que d'une lumière clairsemée, cachée par un dense feuillage robuste. Ici, la cime des arbres avait été rongée par la foudre d'un orage lointain, usée par les vents, les branches mortes brûlées par le soleil. Dans cet enclos végétal, il ressentait la fraîcheur et l'humidité propres aux bois, ce parfait mélange propice aux mousses et autres champignons qui tapissaient, ça et là, les troncs d'arbres morts. Cette faune sauvage s'était emparée de deux rocs majestueux, tant leur taille impressionnait l'enfant et qui pourtant, s'étaient laissés étreindre par les lichens et les lierres. Certaines de ces dernières dansaient autour des arbres, les étouffant avec violence tandis que des ronces s'enroulaient sur elles-même pour ne laisser qu'à de rares moments, quelques mûres sauvages pointer vers le ciel.

La nature pouvait hurler ici même, sa rage, sa fougue, sa passion et sa douleur. Et pourtant, un silence glacial habitait cet havre. Mais c'était bien là qu'il devait être. C'était ça l'endroit pur. Un lieu ni bon, ni mauvais. Juste là, juste témoin du temps.

Il se leva d'un pas sûr et déboutonna sa chemise trop grande et bien trop usée pour lui. Il la laissa tomber à terre sans se soucier des remontrances que lui aurait fait sa mère si elle avait été là. Il retira un à un chacun de ses vêtements, sans même les regarder, les yeux dans le vide qui résonnait en lui. Il resta un moment debout, nu, grelottant parfois, mais presque soulagé d'être enfin lui.

Il s'approcha près d'une petite masse couleur noisette installée sous un buisson épineux. Elle était enveloppée dans un linge propre, soigneusement protégée de ce qui l'entourait : la brise, le soleil, le froid, la vie. Il la souleva d'un petit lit de feuilles mortes qu'il lui avait fait, et l'approcha de son visage. Il la regarda quelques instants, analysant chacun de ses traits. Il ferma les yeux et la pressa contre lui, l'embrassa tendrement, longtemps. Il voulait s'imprégner de son odeur, se rappeler de la douceur de ses poils... Ressentir à nouveau sur sa peau son petit souffle timide, fragile mais pourtant si rassurant.
Il s'allongea au milieu de la clairière, recroquevillé sur lui-même, le petit chose blotti dans le creux de son ventre. Il aurait pu rester des heures ainsi, les yeux fermés, ouvert à toute la magie du monde pour que le petit être soit à jamais à ses côtés.

Alors qu'un oiseau chantait au loin, il se réveilla au coeur d'un crépuscule bien engagé. Il emmena le petit être près des deux gros rochers et le déposa au fond d'un trou peu profond qu'il avait creusé à l'aide d'un bâton. Quelques instants plus tard, le trou n'était plus.

De la paume de sa main il lissa cette douce couverture éternelle et caressa une dernière fois le fantôme de son enfance disparu. Il s'en alla. Il oublia ses affaires. Il s'oublia.

Il marcha longtemps avant de retrouver son chemin, évitant les ronces et les épines qui blessaient ses pieds nus. Puis il retrouva le paysage qui lui était familier : les odeurs de fumiers se mêlant à celle des repas qu'on préparait non loin, les arbres aux feuilles brunies par le soleil, les enfants qui coursaient des poules en bas de la colline...

Ce petit garçon, nu sous un soleil d'été désertant les vallées galloises, s'appelait Perceval.

Nezlanie Yazbaltrine.


On a une autorité naturelle, il faut en profiter... Je suis sûr que même à poil, on ferait toujours chef.
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Saeba_san
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Ah ouais mais là... C'est super bien écrit.
Faut en refaire des comme ça.
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"Maiiis noooon ! Si j’étais tombé sur un faisan, j'srais pas en train de m'la péter comme ça !" Léodagan - Kaamelott
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23 mars 2017, 18:32
(23 octobre 2016) 23:11 ·

Ondes. 1

Il était là. Assis dans l'herbe encore humide. Il s'était éloigné de la ferme de ses parents pour trouver un endroit calme loin du tumulte familiale. Un endroit qu'il espérait inconnu et pur. Voilà, c'était ça. Inconnu et pur.

Il avait trouvé une clairière traversée par une lumière dorée qu'il trouvait aussi agréable qu'inattendue. D'habitude, les forêts de la région ne jouissaient que d'une lumière clairsemée, cachée par un dense feuillage robuste. Ici, la cime des arbres avait été rongée par la foudre d'un orage lointain, usée par les vents, les branches mortes brûlées par le soleil. Dans cet enclos végétal, il ressentait la fraîcheur et l'humidité propres aux bois, ce parfait mélange propice aux mousses et autres champignons qui tapissaient, ça et là, les troncs d'arbres morts. Cette faune sauvage s'était emparée de deux rocs majestueux, tant leur taille impressionnait l'enfant et qui pourtant, s'étaient laissés étreindre par les lichens et les lierres. Certaines de ces dernières dansaient autour des arbres, les étouffant avec violence tandis que des ronces s'enroulaient sur elles-même pour ne laisser qu'à de rares moments, quelques mûres sauvages pointer vers le ciel.

La nature pouvait hurler ici même, sa rage, sa fougue, sa passion et sa douleur Mutuelles senior. Et pourtant, un silence glacial habitait cet havre. Mais c'était bien là qu'il devait être. C'était ça l'endroit pur. Un lieu ni bon, ni mauvais. Juste là, juste témoin du temps.

Il se leva d'un pas sûr et déboutonna sa chemise trop grande et bien trop usée pour lui. Il la laissa tomber à terre sans se soucier des remontrances que lui aurait fait sa mère si elle avait été là. Il retira un à un chacun de ses vêtements, sans même les regarder, les yeux dans le vide qui résonnait en lui. Il resta un moment debout, nu, grelottant parfois, mais presque soulagé d'être enfin lui.

Il s'approcha près d'une petite masse couleur noisette installée sous un buisson épineux. Elle était enveloppée dans un linge propre, soigneusement protégée de ce qui l'entourait : la brise, le soleil, le froid, la vie. Il la souleva d'un petit lit de feuilles mortes qu'il lui avait fait, et l'approcha de son visage. Il la regarda quelques instants, analysant chacun de ses traits. Il ferma les yeux et la pressa contre lui, l'embrassa tendrement, longtemps. Il voulait s'imprégner de son odeur, se rappeler de la douceur de ses poils... Ressentir à nouveau sur sa peau son petit souffle timide, fragile mais pourtant si rassurant.
Il s'allongea au milieu de la clairière, recroquevillé sur lui-même, le petit chose blotti dans le creux de son ventre. Il aurait pu rester des heures ainsi, les yeux fermés, ouvert à toute la magie du monde pour que le petit être soit à jamais à ses côtés.

Alors qu'un oiseau chantait au loin, il se réveilla au coeur d'un crépuscule bien engagé. Il emmena le petit être près des deux gros rochers et le déposa au fond d'un trou peu profond qu'il avait creusé à l'aide d'un bâton. Quelques instants plus tard, le trou n'était plus.

De la paume de sa main il lissa cette douce couverture éternelle et caressa une dernière fois le fantôme de son enfance disparu. Il s'en alla. Il oublia ses affaires. Il s'oublia.

Il marcha longtemps avant de retrouver son chemin, évitant les ronces et les épines qui blessaient ses pieds nus. Puis il retrouva le paysage qui lui était familier : les odeurs de fumiers se mêlant à celle des repas qu'on préparait non loin, les arbres aux feuilles brunies par le soleil, les enfants qui coursaient des poules en bas de la colline...

Ce petit garçon, nu sous un soleil d'été désertant les vallées galloises, s'appelait Perceval.

Nezlanie Yazbaltrine.
Waouh quelle belle histoire, nous avons hâte de connaitre la suite.
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